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Le défi de l'Internet des objets

Transformation digitale

28/09/2017 -

Après la transformation digitale, les entreprises préparent leur mutation vers le monde de l’Internet des objets. Une transition qui n’est pas sans conséquences sur l’organisation des entreprises.

20 milliards. Ce sera le nombre d’objets connectés en circulation dans le monde en 2020, selon les estimations du cabinet Gartner. En 2017, on en compte plus de 8 milliards, dont la moitié relève du monde professionnel… L’Internet des objets [IoT] représente une opportunité de business immédiate pour les entreprises... mais aussi un défi managérial. En France, le nombre d’entreprises de plus de 200 employés ayant un projet lié aux objets connectés a doublé depuis deux ans.
Si la transformation numérique qualifie le processus par lequel une organisation intègre pleinement les technologies digitales dans l'ensemble de ses activités, l’IoT désigne de son côté l'extension d'internet à des choses et à des lieux du monde physique.

Innovations à caractère définitif.

Le développement de l’IoT est en réalité la continuité naturelle de la transformation digitale. Selon Nicolas Michel, directeur digital chez Niji, agence spécialisée dans la transformation digitale des entreprises, cette nouvelle mutation implique de relever les mêmes enjeux et doit faire face aux trois mêmes impacts : « impacts sur les offres et les modèles économiques à l’ère d’une forte servicialisation de notre économie, impacts sur l’ensemble de la chaîne de la relation client, impacts sur le fonctionnement interne et les processus des organisations ». Pourtant, à bien des égards, cette « nouvelle révolution » s’annonce encore plus bouleversante.
« En comparaison, se lancer dans l’IoT apparaît comme beaucoup plus structurant. Avec une particularité de taille : les objets connectés figurent dans le monde physique. Ce sont des capteurs à installer in situ, des infrastructures à relier, etc. En somme, ces innovations ont un caractère définitif, c’est du matériel qu’on installe pour des années… À la différence d’un lancement de site web ou d’une application », précise Sylvain Cazard, DG France de VMware, société informatique américaine.

Par exemple, la SNCF travaille actuellement sur une transformation radicale : 30 projets en phase d'expérimentation, 12 en phase de pré-industrialisation et 5 en phase d'industrialisation. Parmi ces derniers, il est question de remplacer les thermomètres à mercure par « des coupons connectés ». « Avant, nous récupérions les données manuellement en faisant des tournées sur les voies. Aujourd’hui, nous sommes capables de mesurer la température à distance grâce au déploiement de 500 capteurs connectés. Cela permet d'améliorer la ponctualité de nos trains car nous réduisons leur vitesse uniquement sur la portion où les capteurs envoient une alerte pour indiquer que la température est supérieure à 45 degrés », raconte Claude Solard, directeur général délégué à la SNCF. Il s'agit d’un gain financier évident pour l'entreprise ferroviaire publique française, mais aussi d’un vrai risque : difficile de revenir en arrière après un tel déploiement. En outre, l’enjeu est de maîtriser la chaîne de production de bout en bout pour éviter les ratés, qui seraient catastrophiques.

Impact collectif.

« En termes d’organisation, c’est très nouveau. Cela appelle une communication différente entre les collaborateurs, entre les services, qui n’avaient peut-être pas l’habitude de collaborer auparavant », observe Sylvain Cazard. Le cas des distributeurs intelligents de boissons Coca-Cola est aussi exemplaire : les équipes de marketing ont coopéré avec le service informatique qui ont pu leur fournir les données nécessaires pour analyser puis personnaliser le service selon l’utilisateur. Parallèlement, l'informatique fait appel à toute la chaîne de production pour connaître les besoins en information et ainsi optimiser la distribution. « L’internet des objets renforce voire amplifie les impacts de la transformation digitale : toute l’entreprise, tous ses métiers, toutes ses directions sont concernés », reconnaît Nicolas Michel, directeur digital chez Niji.
Pour l'équipementier allemand Bosch, l’IoT a même représenté un changement de modèle économique. « Tous nos objets seront connectés ou connectables à internet d’ici 2020 », martèle Franck Cazenave, directeur France et Benelux de Bosch Smart Cities, département consacré aux objets intelligents. « Avant, les objets étaient muets. Aujourd’hui, les objets intelligents parlent en fonction des données qu’ils récoltent, ils se comportent comme des services. C’est complètement différent de vendre une machine à laver qui adapte, par exemple, sa politique tarifaire selon l’utilisation du consommateur… J'ajoute qu'à l'heure de l'IoT, les organisations incapables de remonter, analyser, exploiter les données des clients pour une expérience sur-mesure disparaîtront », prévient le directeur digital.
L’Internet des objets appelle une réponse globale reposant sur un processus de bout en bout, s’appuyant notamment sur le patrimoine informationnel de l’entreprise. Il est donc primordial de contextualiser les fameuses données collectées, sujet nouveau pour beaucoup d’entreprises. « Un management ancré dans un esprit d’open innovation et de collaboration décloisonnée sera source de succès, recommande Nicolas Michel de Niji. La maturité des entreprises va, de fait, creuser les écarts sur un marché en pleine mutation… En attendant la prochaine vague d’innovation portée par l’intelligence artificielle. »


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