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Roger Tallon, l'anti-Starck

Design

Fonctionnalité

«Design»: un terme que Roger Tallon a imposé bec et ongles en France, récusant l’appellation d’«esthéticien industriel», usité pendant l’après-guerre, au début des Trente Glorieuses. C’est sur les bancs de l’École nationale supérieure des arts décoratifs que Dominique Desmons, codirecteur de création retail branding de Lonsdale, a croisé Roger Tallon. «Il était mon professeur de design industriel, une catégorie qu’il avait lui-même créée, à un moment où il n’existait pas d’enseignement du design en France.» Roger Tallon, gourou des jeunes designers en herbe?

«Non, pas vraiment, il était plutôt dans le registre du patriarche à la française, il venait surtout partager son expérience professionnelle, se souvient Dominique Desmons. Ingénieur de formation, il répétait sans cesse que le design n’était pas une question de ligne et d’esthétique, mais avant tout une histoire de fonction.»

De Tallon, croisé également dans les couloirs des Arts déco, Gilles Deléris, cofondateur et directeur de la création de W, garde le souvenir «de sa pensée systémique, très organisationnelle, à l’instar de Peter Keller et de Jean Widmer, qui ont travaillé avec lui». Plus tard, au moment où W rachète Euro RSCG Design, Tallon sera son voisin de bureau. «C’était un monsieur discret, qui était dans son temps, n’avait pas les yeux dans le rétroviseur. Jamais dans une dimension égotique, même s’il était sans doute un autocrate... Une sorte d’anti-Starck, malgré un catalogue impressionnant. À mon sens, c’est un designer qui n’a pas l’aura qu’il mérite».

Mobilité

L’empreinte de Tallon dans le design est pourtant indiscutable. Selon François Hannebicque, «Il était très en avance sur son temps car il a été le designer de la mobilité: le TGV, le Corail, le funiculaire, mais aussi sa télé qui ressemble à une valise, les chaussures de ski Salomon aux airs de TGV, ou le bidon d’huile Elf à poignée intégrée… Des objets qui nous emmènent et qu’on emporte avec soi.»

Roger Tallon, raconte Gilles Deléris, «n’a jamais touché un ordinateur de sa vie» mais «a œuvré dans une période bien particulière de l’industrie française, celle de la reconstruction. Celle de l’apparition de nouveaux paramètres de vie qu’il a voulu optimiser au maximum, dont les bouleversements rappellent ceux de notre ère de transformation digitale, au moins aussi considérables». Christophe Pradère, lui, s’interroge sur ce que Tallon aurait fait de notre ère 2.0. «Il a été actif jusqu’à l’aube de l’internet. Il n’a pas connu l’économie collaborative née du web… Sans doute se serait-il encore réinventé.»


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