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Roger Tallon, l'anti-Starck

Design

28/12/2016 -

On le présente comme «le maître du design industriel». Le musée des Arts décoratifs consacre une rétrospective à Roger Tallon, designer du TGV, de montres, de meubles, de journaux… Les designers ont été marqués son empreinte, toujours profonde.

Roger Tallon et les maquettes du TGV 001, TGV duplex et TGV Atlantique.
Roger Tallon et les maquettes du TGV 001, TGV duplex et TGV Atlantique.
© DR

Roger Tallon et les maquettes du TGV 001, TGV duplex et TGV Atlantique.

Avec son premier salaire, il s’est offert la montre qui lui faisait tant envie. Forme en demi-lune, caoutchouc et aluminium, et étonnants boutons-poussoirs ronds et colorés, la Mach 2000 de Lip créée en 1974 par Roger Tallon n’a pas subi les outrages du temps. François Hannebicque, cofondateur et directeur de création de l'agence de design AKDV, conserve jalousement sa précieuse tocante. «J’ai toujours été fou du travail de Tallon, confie-t-il. Un peu plus tard, j’ai eu la chance d’acquérir son téléviseur portatif Téléavia P111, déniché dans un vide-grenier.»

«Je ne suis pas un intuitif, je suis dans la réalité la plus totale», martelait sans relâche le designer Roger Tallon, né en 1929 et décédé en 2011. De fait, en parcourant les salles de l’exposition que lui consacre le musée des Arts décoratifs jusqu’au 8 janvier, l’on réalise à quel point l’œuvre du «maître du design industriel», comme on aime à le qualifier, est profondément inscrite dans notre quotidien –dans notre réalité. Corail, TGV Duplex, funiculaire de Montmartre, chaussures de ski de Salomon, brosse à dents Fluocaril, cartographie du réseau de voyageur SNCF… Où que se portent nos pas, on trouve du Tallon.

Sensualité

«Roger Tallon cherchait avant tout à ce que l’objet soit facile à comprendre et à appréhender, avec un graphisme très évident, très gros, très en couleur. Son objectif premier est la lisibilité», résume Dominique Forest, conservatrice du département moderne et contemporain du musée des Arts décoratifs, à l’origine de la rétrospective «Roger Tallon, le design en mouvement» qui regroupe 86 pièces d’archives et 100 maquettes ou objets.

Dans les travées du musée, le jour du vernissage, on apercevait la silhouette brune de Catherine Millet, visiblement émue. La fondatrice d’Art Press avait confié la maquette de la revue à Tallon en 1973 –maquette inchangée depuis. Pour elle, Roger Tallon était «l’homme qui arrondit les angles».

Une certaine sensualité. Voici comment Christophe Pradère, PDG et fondateur de BETC Design, définit la tonalité des travaux de Tallon, avec qui il a travaillé deux ans, au moment où l’agence de Tallon, ADSA, venait de fusionner avec Agora Sopha pour devenir Euro RSCG Design. «Le souvenir que je garde de lui, c’est celui d’un homme truculent, qui aimait la vie. On retrouve cette rondeur dans son tabouret Cryptogramme, son fameux escalier hélicoïdal ou sa télé Téléavia, inouïe à une époque où les télévisions étaient des meubles carrés avec des pieds et le napperon au-dessus! Mais le plus essentiel à son sujet, c’est qu’il ne voulait pas vendre des dessins, mais vendre des desseins. L’essence du design, en somme.»


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