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Crises d’ados

Fiction

08/05/2017 -

En ce début 2017, la série la plus tweetée du moment s'appelle 13 Reasons Why et s'adresse aux adolescents, dans une tonalité très sombre. Tout comme Riverdale ou encore Sweet/Vicious, qui traitent de sujets grave voire dramatiques. Adolescence difficile?

Les majorettes sont sous Prozac, le capitaine de l’équipe de foot s’est mis à lire Cioran et les premiers de la classe sèchent les cours. Décidément, dans la fiction pour ados, ça sent la grosse déprime. L’univers rose bonbon des «teen movies» de John Hughes dans les années 1980, ambiance Pretty in Pink, semble hystériquement incongru. La couleur à la mode dans les couloirs du lycée, ce serait plutôt le noir. Mêlé de rouge sang.

La jeune fille et la mort: elle a 17 ans, elle est jolie, spirituelle et paumée, elle se tranche les veines dans sa baignoire. Les affres d’Hannah Baker, beauté suicidée de 13 Reasons Why, ont bouleversé les abonnés de Netflix. La série est produite par la chanteuse/actrice Selena Gomez, 24 ans, célébrité la plus suivie sur Instagram. Adapté de l’ouvrage éponyme de Jay Asher, 13 Reasons Why, diffusé depuis le 31 mars, est à ce jour le programme télé de 2017 le plus commenté sur Twitter, avec 11 millions de tweets au moment où nous écrivons.

En plus du suicide, l’on y traite pêle-mêle de viol, de machisme, de cyber-harcèlement. Hannah, dont le joli minois lui vaut bien des déboires auprès des garçons, dénonce sur treize cassettes audio les treize personnes qui l’ont menée à la mort, les fausses meilleures copines qui lui ont savonné la planche, les amoureux dépités qui l’ont fait passer pour la traînée du lycée…

Nostalgie pré-millennials

Une dénonciation du «slut shaming» (stigmatisation, culpabilisation ou disqualification de toute femme dont l'attitude ou l'aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels) également abordée dans l’autre série pour ado du moment: Riverdale, «teen drama» également diffusé sur Netflix. Dans une atmosphère de série noire, avec un casting d’acteurs d’une beauté surréelle, la série qui revendique une atmosphère à la Twin Peaks, brumeuse et vénéneuse, explore la mort inexpliquée d’un lycéen dans un climat de conflits enkystés, de haines recuites. Là aussi, comme dans Sweet/Vicious, dont les héroïnes cyberjusticières luttent contre la culture du viol à la fac, l’on se prend en selfie, et le smartphone y constitue sinon l’un des personnages principaux, en tout cas un moteur narratif.

On y sent, en filigrane, une certaine nostalgie pour une époque que les millennials n’ont même pas connue: l’ère d’avant l’internet, où les réseaux sociaux n’existaient pas, où l’on attendait fiévreusement au passage du facteur les missives de l’être aimé et où, pour reprendre une phrase de l’écrivaine américaine Fran Lebowitz, l’adolescence pouvait être définie comme «la dernière période de votre vie où vous êtes fou de joie d’apprendre qu’on vous demande au téléphone». La mécanique de 13 Reasons Why repose en effet sur les bonnes vieilles cassettes audio, sur lesquelles les ados nés sous Giscard enregistraient des «mix-tapes» élaborées avec sophistication pour séduire l’objet de leur affection –des «K7» au charme analogique puissant, dans l’univers du tout numérique.


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