MARKETING COMMUNICATION MEDIAS DIGITAL
Plan de la rubrique Tendances
Votre Flux Rss Stratégies Tendances
Retour à la page précédente
Augmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteVersion imprimable de l'article
Page 1/2

Le nouveau visage de la beauté

Cosmétique

13/07/2017 -

Si le marché de la beauté tarde à prendre le virage digital et technologique, des start-up avancent leurs pions et forcent les grands groupes à s’adapter.

«Le risque d’ubérisation du marché de la beauté est bien plus limité que dans d’autres secteurs», assure Philippe Jourdan, cofondateur du cabinet Promise Consulting. Par rapport à l'univers de la restauration, des transports ou de la presse, par exemple, la cosmétique et les soins tardent à opérer une transformation digitale et technologique. Le besoin de sentir, de toucher et de tester est sans doute une des raisons principales de ce retard. «La technologie, si elle est un facilitateur de services, n’est pas au cœur de la valeur ajoutée des offres et ce quel que soit le segment: maquillage, soins, produits pour le corps, etc. Les produits achetés sont avant tout expérientiels», confirme le consultant. Si la disruption n’est pas d'actualité, c’est aussi que ce secteur fait régulièrement évoluer son offre. Ici, l’innovation est constante, poussée par une pression de renouvellement et de lancements de produits. «Le risque de disruption est sans doute plus prononcé dans l’univers du maquillage, alors qu’il est moindre dans l’univers du soin, mais d’une façon générale, la beauté ne réunit pas les conditions d’une ubérisation à court terme», insiste Philippe Jourdan.

Accès direct à la consommatrice finale

Cependant, cet univers économique attire les start-up, bien décidées à proposer des modèles alternatifs ou complémentaires aux marques historiques. «La beauty tech est un concept encore flou en France, qui a ses limites, mais qui commence à se structurer autour de différentes stratégies: le mobile, le social media, l’expérience client, le booking, la personnalisation, la réalité augmentée…», expliquent d'une seule voix Mallorie Sia et Marie Sermadiras, les cofondatrices de Treatwell.fr. Les jeunes pousses de la beauty tech se positionnent sur trois segments. D'abord, les innovations autour des produits: création de nouvelles formules, exploration de nouveaux canaux de communication et de commercialisation, etc. Puis, les innovations autour des services (coiffeurs, instituts, spas…): réservation en ligne, personnalisation de la découverte, transparence de l'information (avis, prix, photos, contenus), etc. Enfin, les objets connectés et les soins s'appuyant sur l'utilisation de la technologie.

Cet écosystème profite d’une audience qui, depuis quelques années, s’est déplacée massivement vers les réseaux sociaux. «Les barrières à l’entrée du marché de la beauté n’ont jamais été aussi faibles, affirme Thomas Owadenko, cofondateur et CEO d’Octoly, start-up spécialisée dans la mise en relation des marques et des influenceurs du web. De petites marques hyper-malignes et talentueuses l'ont compris et attaquent les grosses marques en accédant directement au consommateur final.» Grâce aux influenceurs d’Instagram ou de You Tube, les jeunes marques 100% digitales jouent la proximité avec les clientes et s’imposent sur un marché français longtemps dominé par des maisons historiques.

Rapprochements

Pour lutter, les grandes marques se lancent dans des acquisitions: le géant français L'Oréal multiplie les rachats d’acteurs «millennials», comme Urban Decay, NYX et IT Cosmetics. Même stratégie pour l’américain Estée Lauder, qui a acquis Too Faced et Becca Cosmetics. «Beaucoup de groupes traditionnels peuvent se sentir un peu perdus. Ils optent pour des rapprochements et recherchent des solutions externes, des briques technologiques complémentaires», note Thomas Owadenko. Ces grands groupes voient dans les nouvelles technologies une occasion de travailler leur image de marque. Pour garder un œil sur l’innovation, L'Oréal a noué un partenariat avec Founders Factory, un accélérateur et incubateur digital implanté à Londres, qui entend «soutenir la prochaine génération de technologies et d’entrepreneurs de la beauté», selon Esohe Omoruyi, senior vice-présidente des services et des innovations digitales de L'Oréal. Pour répondre aux besoins changeants de nos consommateurs, il est essentiel d’identifier de nouvelles idées de rupture et de développer de nouveaux services.»


Page 1/2
Google+
Facebook
Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants